Belle Ile et Armen, le Cigare Rouge accompagne son équipage.
- Sidney Gavignet
- 18 mai
- 3 min de lecture
Le contexte, le cadre, ce sont ces deux courses. Nous jouons le jeu en pleine conscience de l'incroyable chance de vivre ces moments simples et hors du temps de la vie de terrien.
Cinq, puis six équipières et équipiers se sont joints au Cigare Rouge et à son serviteur (c'est moi :) pour l'enchainement de ces deux courses.
Sur l'eau, le vent de Nord nous a apporté son chapelet de grains puissants. Parfois près de quinze noeuds en plus du vent moyen, avec la soudaineté qui va avec cet air froid. Les conditions à bords sont engagées. Vivre les deux nuits en mer lors de l'Armen Race est un véritable challenge en soi pour notre équipage amateur.
On ne se prend pas au sérieux, mais on joue le jeu, on donne le meilleur de nous-mêmes, en se soutenant, dans la flexibilité et l'adaptabilité. Nous avions prévu de faire des quarts, mais la façon de vivre la fatigue est différente pour les uns et les autres. Nous avons "jonglé", me relayant avec Hugo, le reste de l'équipage a su tourner au gré des conditions et des énergies de chacun et chacune.

Peu de temps après le départ, un grain a eu raison de deux mâts. Spectaculaire scène du démâtage en direct d'un Class40 juste derrière nous. Pendant ce temps, nous hissions Hugo en tête de mât, il nous fallait résoudre de petites erreurs qui auraient pu nous empêcher d'affaler le spi... gênant ! Une expérience intense pour tout l'équipage, elle restera dans les mémoires et constitue un bel apprentissage :)
De retour à terre, autour de quelques fish and chips, un peu de champagne et avec beaucoup de joie d'avoir mené le Cigare Rouge à bon port, Philippe pose la question : "Quel a été votre meilleur moment ?", bonne question coach ! Avec le recul, et après les témoignages de l'équipage, ce qui me touche et me semble le plus important, c'est l'effet régénérant et bienfaisant de ces escapades en mer. Le Cercle du Cigare Rouge a pour objet "l'accompagnement des transformations", cela se confirme et se vit à chaque sortie. Le plus étonnant, c'est qu'aucun geste particulier ne semble être fait en ce sens, le contexte et ce que j'appelle "l'esprit du Cigare Rouge" font le travail auprès de chacune et chacun des membres de l'équipage. Il suffit de vivre la navigation. Mon travail concerne la sécurité, le réglage intensité/plaisir, accompagné de sincérité et de simplicité. J'ai beaucoup de plaisir dans cette position de catalyseur intégré dans cette grande chaîne naturelle du vent, de l'eau, de la course et des relations qui se vivent à bord.
Un oiseau est venu vivre sa transformation à bord du Cigare Rouge.
Avec le recul, le moment fort qui me reste est celui de cet oiseau qui est venu finir son vol à bord du Cigare Rouge. Nous ne nous sommes pas rendu compte du degré de son épuisement, nous étions juste heureux de le voir à bord, ce n'est pas si courant. Pourtant, quand Mathias est allé hisser la voile d'artimon à l'arrière du bateau, il l'a retrouvé là, sans vie.
Repose en paix, l'oiseau !













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